04 juillet 2012

Pakounta et Orangamer

Pakounta

http://orangamer.wordpress.com/

 

 

 « Pfff Pfff » deux aspirations

Un bond à gauche.

« Pfff Pfff » deux expirations

Un bond à droite.

« Pfff Pfff » deux aspirations

Un bond en face.

« Pfff Pfff » deux expirations

Un bond sur place.

 

Devant moi, le néant, le vide, le rien. Même pas l’impasse qui oppose une matière résistante au désir d’avancer, juste l’absence de possibilités d’accès, de probabilités de circulations ou de vraisemblances de déplacements.

Une carence de données occasionnée probablement par des conflits d’octets mal réveillés, de bits récalcitrants, d’un microbe « BillGatien »  qui trouverait remède avec la version 2.0 d’une quelconque application gratuite qui apportera ensuite un désaccord avec votre système d’exploitation actuel rendant l’achat d’un nouvel ordinateur récent apaisant.

En résumé, le dernier bond, sur place, évita à La Tique une  « A Fatal Error xx0002999» tout en la laissant dos à ces horreurs qu’elle fuyait à grands sauts.

 

Derrière La Tique, les charniers, d’Afrique, d’Europe, d’Asie, des deux Amériques. Par ci, par là, des membres tutsis, des restes juifs, des cendres tibétaines, des dents chrétiennes, des mains musulmanes, des os russes, polonais, allemands, français, espagnols, cambodgiens, vietnamiens, algériens, tunisiens, syriens, apaches, hurons, incas, mayas… (Liste non exhaustive) jusqu’à ceux du petit Abel que l’on peut qualifier de première victime d’un génocide, puisqu’à l’époque, il devait représenter à lui tout seul, un quart de la population mondiale (L’équivalent de la disparition d’environ 1,8 milliard d’être humain si un des descendants de Caïn avait dans l’idée d’imiter l’exploit de son ancêtre)

 

Voilà la situation dans laquelle se trouvait La Tique, le choix entre un néant fatal et la déambulation au milieu des charniers, qui, selon Pakounta, le prochain hôte de votre serviteur devrait avoisiner les huit milliards de morts.

Cette dernière phrase laissera au lecteur la présomption d’une troisième solution. La mention d’un nouvel hôte impliquant un  nouvel espace qui permettra à La Tique de ne plus avoir le choix entre la peste et le choléra.

Quel plaisir d’avoir des ou au moins un lecteur(s) affûté(s), puisque, effectivement, avant d’avoir envisagé la moindre option, des claquements de ferraille se firent entendre dans toute cette blogosphère périmée. Une fois la surprise passée, les bruits furent traduits comme étant des déclenchements d’ouvertures de serrures de sécurité. Des centaines de verrous libérés, ouvrant un carré de lumière froide au milieu de ce rien déjà pas chaud.

Sourire de La Tique, ni peste, ni choléra. Que voilà un hôte suffisamment courtois pour ne point laisser un être dans la désespérance d’un choix aussi peu plaisant que celui qui m’était alloué.

 

Pakounta se présenta, un peu sèchement, me laissa dans un sas couvert d’électrodes, d’appareils enregistreurs, analyseurs, bruyants et clignotants.

« Bonjour, je m’appelle HAL 9000»

Nan, j’déconne bien sûr, il n’y a pas assez de dérision ici pour un petit gag, même aussi léger que celui-ci.

-« Merci de ne pas bouger et de répondre aux questions » déclara mon hôte.

-« Vous êtes juive, musulmane, catholique, bouddhiste, orthodoxe, raélienne, arabe, asiatique, indienne, fasciste, franquiste, mussolinienne, française, suisse, flamande, vichyssoise, hollandaise ? »

-« Euh… »

-« Répondez et ne bougez pas, on va mesurer votre nez, étudier votre sexualité, scruter dans vos poils, fouiller vos poches »

-« Euh… »

 Taisez-vous ! J’ai les résultats de votre analyse, j’ai le regret de vous annoncer que vous êtes …une… tique ?! »

Et là, le petit Pakounta sembla un peu perturbé. On sentait que cette information n’était pas forcément compatible avec une décision d’accueil, même à titre provisoire.

Comment rejeter cet être vivant pour ce qu’il est et comment l’accueillir pour ce qu’il n’est pas ?

Puis, la décision.

-« Dans ma grande bonté, qui reflète la somme de tous mes conditionnements, j’ai le plaisir de vous annoncer l’octroi, à titre bienveillant, d’un permis de séjour temporaire avec une période probatoire de 24 heures pendant laquelle vous devrez prouver votre désir d’intégration  et l’acceptation de toutes mes peurs, craintes, frayeurs et autres inquiétudes de l’autre. » et, rajouta « Veuillez prendre connaissance de la constitution d’Orangamer, initiales sur chacune de pages, lu et approuvé, date et signature sur la dernière »

 

Alors, armée d’un stylo, La Tique feuilleta la brochure d’accueil d’Orangamer.

Les charniers traversés, que La Tique voulait fuir, semblèrent alors trouver légitimités dans les phrases, les photos, les messages dont Pakounta parsème son état de droit. A vouloir dénoncer crimes et culpabilités en se présentant comme la blanche justice, à se positionner comme étant le détenteur d’un humanisme inconcevable pour les autres races, à masquer les affections existantes pour ne seriner que les maux, nous cloisonnons des univers, érigeons des murs, cultivons les méconnaissance de l’autre et donc la peur.

Voilà les ingrédients pour de nouveaux ossuaires.

 

Pendant que les centaines de pennes s’enclenchaient dans les serrures du blockhaus, La Tique, soulagée d’être sortie de ce confinement malsain, se trouva toute heureuse d’avoir une décision humaine à prendre, la peste ou le cholera ?

 

 

 

 

Posté par latique à 17:11 - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires sur Pakounta et Orangamer

    Bonjour Tique !

    Je n'ai pas encore vu si vous leur avez annoncé votre billet les concernant.
    Mais vous allez le faire, je pense.
    Sinon, ça ferait un peu "coup en douce", non ?
    Et loin de moi l'idée de vous en soupçonner.

    Posté par Carine, 06 juillet 2012 à 11:40
  • Rectificatif

    "Je n'ai pas encore vu si vous leur avez annoncé votre billet les concernant. "
    je corrige ma copie :
    je n'ai pas encore vu si vous LUI avez annoncé votre billet LE concernant.
    Mille excuses !

    Posté par Carine, 06 juillet 2012 à 12:36
  • @ Carine

    Bonjour,
    En même temps que la publication du billet, il est laissé un commentaire chez l'intéressé lui disant qu'il venait d'être piqué par La Tique, suivi de l'URL.
    Seules deux personnes ont utilisé la modération de commentaire pour ne pas afficher le mien. Bettina sur Fictions et Frictions (précédent billet) et Pakounta sur Orangamer. Vous verrez, si la curiosité vous y emmène, sur la dernière publication de Pakounta, un de ses aficionados répondre à mon commentaire avant que celui-ci ne fut effacé par l'administrateur. D'ailleurs, deux autres commentaires, courtois, mais en désaccord avec les idées de ce blog, ne sont pas restés longtemps affichés, laissant croire aux visiteurs que tout le monde est en accord avec les idées de Pakounta.
    La seul publicité faite pour mon blog, est le lien installé par Jacques Etienne, Vu de la colline, qui, se revendiquant contre le multiculturalisme, a l'intelligence d'accepter la "multipensée". Un peu comme Sarkozy avec Kouchner. Loin de moi l'idée de me comparer à ce dernier, peut-être au sac de riz...
    Bienvenu ici.

    Posté par La Tique, 06 juillet 2012 à 15:27
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